Ludwig van BEETHOVEN
Ses origines familliales et sa formation
Compositeur allemand né à Bonn en 1770 et mort à Vienne le 26 Mars 1827,
Ludwig Van BEETHOVEN est originaire de Hollande par son père,
et de Rhénanie par sa mère.
Il est issu d'une famille de musiciens : son grand-père Louis est chanteur
à Liège puis musicien à la cour du Prince électeur de Cologne à Bonn
et enfin Maître de chapelle, poste le plus envié de l'époque.
Son père Johann (1740-1792), est un honorable ténor à la chapelle de Bonn
où il donne les premiers cours de musique à son fils avant de sombrer dans l'alcoolisme
et de mourir très tôt. Ludwig doit alors à 22 ans assurer la responsabilité de sa famille.
Dans l'espoir de faire de Ludwig un second Mozart,
son père le présente très tôt en public :
à Cologne en 1778 et en Hollande en 1781 mais sans grand succès.
Cependant, à 13 ans, il est engagé comme organiste à Bonn
et ses premières compositions datent de cette époque.
A 17 ans, il se rend à Vienne et devient l'élève de Mozart,
mais il doit retourner à Bonn pour le décès de sa mère qui laisse derrière elle
ses deux frères cadets ainsi que quatre autres enfants qui mourront en bas âge.
Ses premiers cours avec les grands maîtres...Vienne
Beethoven est un artiste indépendant et reste le premier grand compositeur
à n'avoir jamais eu besoin des cours princières pour vivre, dans une époque
où le mécénat commence à se développer pour les arts. Ludwig fait la connaissance
de Haydn, mais à cause de nombreuses erreurs et d'une différence d'âge trop importante,
les cours de composition avec ce grand maître ne lui seront pas profitables.
Après avoir démanagé à Vienne, Beethoven se perfectionne ensuite pendant dix ans
avec Salieri, le grand rival de Mozart.
Il fréquente les cercles raffinés et rencontre notamment l'archiduc Rodolphe
qui devient son élève. Dès 1800, un traitement annuel de 600 florins lui est alloué.
A partir de 1808, à Cassel, il commence à recevoir un traitement de 4000 Florins
avant que cette somme diminue fortement à cause de l'inflation de 1811
qui commença à sévir dans le pays.
La "maladie" et le testament de Heiligenstadt
Les heureuses conditions de vie de Beethoven
sont compromises vers 1800 par des douleurs auditives qui deviennent
de plus en plus inquiétantes.
Il a alors 30 ans, et dans son testament de Heiligenstadt datant de 1802,
Beethoven y révélé tout son désespoir.
Cependant, la manière dont il ressent les sons reste inchangée de telle sorte
qu'il est relativement peu gêné dans son activité créatrice.
Pour communiquer, il décide alors d'utiliser des carnets de conversation.
On y retrouve à la fois son désir de se marier dans sa "Lettre à l'Immortelle bien-aimée"
mais aussi sa désorganisation quotidienne, ses blessures avec ses amis,
ses plaisanteries vulgaires...
Comme la plupart des compositeurs de son époque, Beethoven se sent très attiré
par la Nature prônée par Jean-Jacques Rousseau qui développe un courant
de pensée qu'on appelera plus tard le romantisme.
Beethoven est le "fils" fidèle de l'idéalisme classique allemand
et c'est grâce à la Nature
qu'il pourra exprimer également sa croyance en Dieu.
Ses compositions
Pianiste de formation, Beethoven se fait d'abord remarquer
par ses qualités d'improvisateur.
Ses oeuvres pianistiques sont en général antérieures à ses oeuvres orchestrales.
Il compose notamment 5 concertos et 32 célèbres sonates pour piano.
Les musicologues ont appelé son oeuvre pianistique "le nouveau testament"
de la musique et certaines de ses sonates pourraient
plutôt s'appeler "symphonie"
pour piano tellement l'innovation y est constante.
La plupart de ses sonates sont sous-titrées :
- l'opus 27 est "la sonate au clair de lune", titre qui n'a pas été donné par Beethoven
lui-même puisqu'il la baptise "sonore quasi una fantasia".
- l'opus 81 a est "la sonate des Adieux" dont les trois mouvements sont appelés :
l'Adieu, l'Absence, le Retour
- l'opus 106 "la sonate fur Hammerklavier" (sonate pour clavier à maillet).
Il voulait ainsi germaniser le mot "pianoforte", de même que pendant un temps,
il écrit "schnell" à la place d'allegro sur ses partitions. :
- l'opus 129, comportant un sous-titre au rondo : "colère pour un sou perdu exprimée en caprice"...
A l'opposé de ses sonates monumentales pour piano,
on trouve couramment des petites pièces
de petit format comme les "six bagatelles", les "écossaises" ou "fondante favori"...
Le dernier de ses cinq concertos a été écrit en 1809 et les trente-trois variations
sur "une valse de Diabelli" opus 120, font partie
de ses dernières compositions pour son instrument
Dans sa jeunesse, Beethoven a été violoniste et altiste. On le ressent dans ses oeuvres
pour violon comme les romances
opus 40 et 50 pour violon et orchestre
et les 10 sonates pour violon et piano.
La "sonate du printemps" opus 24 doit son nom à la gracilité de ses thèmes,
alors que la "sonate Kreutzer " opus 47 est dédiée au violoniste Kreutzer.
Beethoven a tenté de transformer son célèbre concerto pour violon en concerto
pour piano mais il a échoué dans cette entreprise.
Parmi ses oeuvres de musique de chambre, il écrit 5 sonates pour violoncelle,
de nombreux trios à cordes dont 6 en opus l composés en 1795,
alors que l'opus 70 comprend deux autres trios dont le premier
a été appelé "Geistertrio" (trio de l'esprit).
II écrit également un magnifique septuor opus 20,
mais c'est surtout avec ses 16 quatuors à cordes
que Beethoven excelle en musique de chambre.
Ses quatuors sont dédiés au comte Rasumovsky (ce qui explique quelques
mélodies russes dans certains quatuors) :
l'opus 127 est composé dans la tonalité de mi bémol majeur, tonalité préférée de Beethoven
et l'opus 135, écrit en 1826, est sa dernière grande oeuvre,
qualifiée de "chant du cygne",
dans laquelle sur le manuscrit du dernier mouvement, on trouve la phrase suivante :
"ce qui doit arriver, doit arriver".
Les 9 symphonies de Beethoven constituent le sommet de son art.
Pour sa première symphonie opus 21 en Do Majeur, en prenant comme modèle
les symphonies de Haydn, Beethoven a 30 ans lorsqu'il la crée en public.
Sa deuxième symphonie a été composée en 1802 à Heiligenstadt et bien qu'il rédige
à cette époque son testament, le larghetto de cette oeuvre
rayonne par une création lumineuse
et une sérénité idyllique.
La troisième trahit l'intention première de Beethoven
de l'appeler "Bonaparte", mais après le sacre de ce dernier,
Beethoven efface sa dédicace et lui donne alors le titre d'Heroïque.
La quatrième est une création dynamique et joyeuse, appréciée des connaisseurs.
Dans la suivante (opus 67), l'auteur aurait dit du motif du début :
"Ainsi frappe le destin à la porte!", d'où l'origine de son nom : "symphonie du destin".
La sixième symphonie constitue un monument musical en l'honneur de la Nature.
Wagner a décrit la septième symphonie, composée en 1812 (opus 92)
comme une apothéose de la danse.
Certains ont distingué dans le deuxième mouvement les héros qui sont en marche
dans les premières lueurs du jour.
Après la huitième symphonie,
Beethoven a laissé passer dix ans avant de composer sa neuvième
et dernière symphonie opus 125 en ré mineur.
Le célèbre chant final, "l'Ode à la joie" est d'après un texte de Schiller
qu'il connaissait depuis des années. Enfin, il faut citer la symphonie de Iena
qui n'est pas de lui mais dont les ébauches seraient les fragments
d'une dixième symphonie qu'il aurait projeté de composer.
Beethoven s'est également consacré à la musique vocale.
La naissance de la messe "solennelle" opus 123 a été faite pour célébrer l'intronisation
de son élève l'archiduc Rodolphe alors qu'une quinzaine d'années auparavant
il avait composé une autre messe en do majeur opus 86.
Il est important de noter
qu'il compose également une soixantaine de lieder en 1816 dont le cycle
opus 98 " A la lointaine bien-aimée".
Le fait qu'il remanie par deux fois son opéra "Fidelio"
vient peut-être d'un manque d'expérience, car lui -même reconnaissait
qu'il était incapable de mettre des textes en musique
aussi frivoles que le "Cosi Fan Tutte" de Mozart.
Il existe trois versions de l'ouverture "Léonore",
écrite en plein deuxième acte de son opéra,
qui n'est certainement pas de son goût. Beethoven compose ainsi une musique
de scène sur le drame d'Egmont de Goethe mais le finale de l'ouverture restera
sans suite car elle anticipe la fin du drame et éclipse ainsi celui de Goethe.
Quant à l'ouverture de Coriolan (opus 62 de 1807), le poète Collin refusera
de fournir le livret d'un opéra intitulé Macbeth (d'après Schakespeare)
que Beethoven lui avait demandé d'écrire.
Les dernières années
Durant les trente dernières années de sa vie, Beethoven n'entreprend aucun voyage,
il ne retourne pas à Bonn après 1792.
Il organise souvent des concerts à Vienne appelés académie.
Son frère Karl meurt en 1815 et laisse alors un fils Karl,
neveu de Beethoven, sous sa tutelle. Il prend ses devoirs paternels
très au sérieux mais Karl ne se sait pas très réceptif et tente de se suicider.
La création en public de sa dernière symphonie est le dernier moment fort
de sa vie malgré une exécution imparfaite.
Le 23 mars 1827 il écrit son testament définitif,
le 24 il reçoit l'extrême- onction et meurt le 26 pendant un orage de printemps.
Il est transféré au cimetière central de Vienne.
Avec l'autorisation de : François-Xavier Bigorgne
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